Les heures et les jours se sont écoulés plutôt sous la pluie et le vent.
Qui n’a pas dressé l’oreille ou levé les yeux au cours de ce mois de juin 2024. Les blessures sont aussi singulières que partagées.
Le 24 juillet 2024 c’est demain. Quand les cloches sonneront, des images défileront…
22 juillet 2024, 10h30… nous pensons à ce qui nous a sidérés.
Dans le parc des Crêtets, la séance photos est chaleureuse et l’émotion communicative.
11h… il ne faut pas oublier, il faut jeter un œil neuf sur ces parcs dévastés.
Quelques photos pour illustrer les souvenirs.
Au parc Gallet, ils sont là qui travaillent, nous bavardons, nous leur demandons si nous pouvons les prendre en photo. Bien sûr… l’un d’eux souhaite même le presque gros plan. Ils sont fiers de travailler pour nous. Nous bavardons avec la lycéenne qui œuvre avec eux. Nous parlons arbres puis fleurs, constatant que le temps les affecte aussi.


La nature ne médite pas, elle nous rappelle simplement l’humilité du vivant.
Au parc des Crêtets, le paysage nous saisit une fois de plus. Il est temps de penser à demain et aux ombres futures qui caresseront nos rêves.



23 juillet, 17 heures… voici un souffle de poésie qui bercera, ce 24 juillet 2024, nos nostalgies :
Dans la forêt sans heures
On abat un grand arbre.
Un vide vertical
Tremble en forme de fût
Près du tronc étendu.
Cherchez, cherchez, oiseaux,
La place de vos nids
Dans ce haut souvenir
Tant qu’il murmure encore.
(Jules Supervielle)
Les arbres qui ne voyagent que par leur bruit
Quand le silence est beau de mille oiseaux ensemble
Sont les compagnons vermeils de la vie
Ô poussière savoureuse des hommes
Les saisons passent mais peuvent les revoir
Suivre le soleil à la limite des distances
Puis − comme les anges qui touchent la pierre
Abandonnés aux terres du soir
Et ceux-là qui rêvent sous leurs feuillages
Quand l’oiseau est mûr et laisse ses rayons
Comprendront à cause des grands nuages
Plusieurs fois la mort et plusieurs fois la mer
(Georges Schehadé)
Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes. Je lui demandai si la terre lui appartenait. Il me répondit que non. Savait-il à qui elle était? Il ne savait pas. Il supposait que c’était une terre communale, ou peut-être, était-elle la propriété de gens qui ne s’en souciaient pas? Lui ne se souciait pas de connaître les propriétaires. Il planta ainsi ses cent glands avec un soin extrême.
Après le repas de midi, il recommença à trier sa semence. Je mis, je crois, assez d’insistance dans mes questions puisqu’il y répondit. Depuis trois ans il plantait des arbres dans cette solitude. Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille étaient sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu’il y a d’impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n’y avait rien auparavant.
C’est à ce moment-là que je me souciai de l’âge de cet homme. Il avait visiblement plus de cinquante ans. Cinquante-cinq, me dit-il. Il s’appelait Elzéard Bouffier. Il avait possédé une ferme dans les plaines. Il y avait réalisé sa vie.
(L’homme qui plantait des arbres, Jean Giono)

