Poèmes et textes 2

Der Lindenbaum de Wilhelm Müller,

mis en musique par Franz Schubert en 1828

et chanté par Jonas Kaufmann

(en hommage aux tilleuls ravagés de la cour du collège des Forges)

Am Brunnen vor dem Thore
Da steht ein Lindenbaum:
Ich träumt’ in seinem Schatten
So manchen süßen Traum.

Ich schnitt in seine Rinde
So manches liebe Wort;
Es zog in Freud’ und Leide
Zu ihm mich immer fort.

Ich mußt’ auch heute wandern
Vorbei in tiefer Nacht,
Da hab’ ich noch im Dunkel
Die Augen zugemacht.

Und seine Zweige rauschten,
Als riefen sie mir zu:
Komm her zu mir, Geselle,
Hier findst du deine Ruh’!

Die kalten Winde bliesen
Mir grad’ in’s Angesicht,
Der Hut flog mir vom Kopfe,
Ich wendete mich nicht.

Nun bin ich manche Stunde
Entfernt von jenem Ort,
Und immer hör’ ich’s rauschen:
Du fändest Ruhe dort!

À la fontaine près du portail
Il y a un tilleul;
À son ombre je fais
De si doux et nombreux rêves;

Je grave dans son écorce
De si nombreux mots d’amour;
Dans la joie, dans la peine,
Je suis toujours attiré vers lui.

Aujourd’hui aussi je dois passer
Devant lui, au milieu de la nuit,
Là pourtant dans l’obscurité,
J’ai fermé les yeux.

Et ses rameaux murmuraient,
Comme pour m’appeler:
Viens près de moi, compagnon,
Ici tu trouveras ton repos!

Les vents froids soufflaient
Droit sur mon visage;
Le chapeau s’envola de ma tête,
Je ne me détournai point.

Cela fait maintenant plusieurs heures
Que je suis éloigné de ce lieu,
Et toujours j’entends murmurer:
Là tu trouverais le repos.

Traduction Pierre Mathé

Yves Tissot

silence des cris

une vague monte en moi

moineau sur la branche

bizarre ce vent
les souches parlent encore
saumon à midi

Ce petit poème de 17 syllabes, 5/7/5 est un haïku qui s’inspire de la tradition poétique japonaise où le haïku fleurit depuis des siècles. Il peut être difficile d’approche : on n’aime pas, on aime. Peu importe. Les haïkus que je poste sont inspirés de mon quotidien qui peut résonner chez le lecteur. Je vous le traduits un peu, version récit. Ce matin à vélo, le vent qui s’est mis à souffler très fort m’a rappelé de drôles de sensations = bi/zar/re/ ce/ vent. Les /sou/ches/ par/lent/ en/core/ Voir ces souches le long du chemin révèle les présences de l’arbre (et je ne vous raconte pas toutes les pensées qu’elles suscitent). Sau/mon/ à /mi/di = je suis rentré et me suis fait des pâtes au saumon (Je pensais aussi à la pluie, donc à l’eau et à ces poissons qui remontent à la source (à la souche). Bref, j’essaie d’évoquer l’instant. Voilà, j’ai un peu répondu au point d’interrogation. Vous relirez les précédents avec peut-être un autre regard.

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